| Lundi matin, la partie la moins réjouissante du voyage s’annonce…2 agences pour l’emploi, un travail pour l’une d’entre nous samedi prochain (5 heures de vaisselle !), un entretien d’embauche pour bosser dans une ferme à bétail (le recruteur ne nous a même pas calculé…ben oui y avait plein de gros bras à côté de nous…pas facile d’être une fille !). On trouve une air de pique nique à squatter non loin de la ville, avec rivière et marécage, ce qui signifie moustiques à foison et crocodiles que l’on croisent à la tombée de la nuit…note pour plus tard : penser à vérifier les berges avant d’avancer d’un pas décidé pour observer le croco aperçu dans l’eau…ceci afin d’éviter de mettre quasiment le pied sur celui qui sèche dans le noir sur le sable ! petite frayeur donc ! on ratisse les fermes des environs (certaines affichent directement un panneau « sorry no jobs..good luck !), on téléphone à une bonne partie de l’annuaire…les saisons sont retardées, pas de picking avant 15 jours/ 3 semaines et déjà des listes d’attente. Pique nique et rafraichissement dans la rivière en s’assurant que des globes oculaires n’avancent pas dans l’eau (très peu de chance de croiser des crocos en pleine journée et les crocos de rivière « fresh crocs », contrairement aux « salty crocs » ne sont pas agressifs. D’ailleurs il est désormais possible depuis cette année de chasser ces derniers trop nombreux et dangereux, alors qu’ils avaient été déclarés espèce protégée en 1970. Aujourd’hui des excursions payantes sont même organisées pour tuer le croco avec la possibilité de ramener chez soi la peau et le crane…). On ne peut pas se permettre d’attendre ici…en voiture et entrée sur les territoires du nord. 18h, la nuit est tombée, Sophie, grâce à son œil de sphinx freine à temps pour éviter le carnage…troupeau de vache droit devant…belle fricassée en perspective mais Silver Glitter stoppe à 1 mètre de la dead line…encore une fois le cœur s’emballe et la crise cardiaque nous guette ! Après avoir écrasé un beau serpent étalé de tout son long sur la route et un arrêt pique nique, on roule quelques mètres sur la jante…pneu arrière gauche HS ! Pas possible de rejoindre le parking, c’est donc sur le bord de la route, dans la nuit que l’on change à nouveau une roue…fini pour aujourd’hui, on se pose pour la nuit ! Ce matin c’est un gros corbeau qui vient directement s’écraser sur le pare brise. On traverse des kilomètres de paysages désolés, brulés, décimés par les feux, croisant encore quelques flammes et foyers qui reprennent…ce ne sont pas des bushfires mais des feux allumés intentionnellement par les aborigènes afin d’éradiquer une mauvaise herbe et de préserver la phone et la flore ! Sur la route on trouve de nombreux monuments et places commémorant la 2nde guerre mondiale (WWII). (Après l’attaque de Pearl Harbour et l’effondrement de la base navale britannique basée à Singapour, les japonais sont de plus en plus craints. Lorsque ceux-ci envahissent l’Asie par la Papouasie Nouvelle-Guinée, les britanniques annoncent qu’ils n’ont plus les fonds pour défendre l’Australie ! Mais le commandant Américain Mc Arthur voit l’Australie comme un endroit idéal pour baser ses opérations dans le pacifique. Comme prévu les attaques japonaises surviennent et se sont donc les USA et non l’empire Britannique qui sauvent l’Australie….)! Arrivée à Katherine sous une chaleur écrasante, les moustiques sévissent de plus belle, les agences pour l’emploi nous disent carrément qu’ils ne veulent pas de gens comme nous et que leurs annonces sont réservées aux résidents australiens…Hé ouai ici aussi c’est la crise ! ok…on garde le cap et on se pose quelques jours ! au programme ; recherches de job et petite baignade dans les sources thermales naturelles à 32°! Encore une fois en observant la vie des aborigènes, errant nus pieds et alcoolisés dans les rues on est effaré ! un hôpital leur est « réservé », de la musique est diffusée dans toute la ville par haut parleur, certainement pour leur passer le temps, ils ont leur propre patrouille de sécurité …celle de la « communauté » ! Valérie Paddy (qui peine à tenir debout), en nous parlant d’une compagnie de bus nous assure qu’ils reçoivent les blancs et les noirs ! et ben, on en est encore là ??? Quelle tristesse d’être témoin de cette désolation…consternant ! Ca relative nos problèmes, bien que le moral soit au plus bas ! encore des coups de téléphone sans succès, pas d’offre d’emploi…que fait-on ? on redescend dans le Sud parce qu’il y a un peu plus d’offres ? on continue dans le Queensland comme prévu ?…décision difficile à prendre… à 300 kms de Darwin, on s’autorise, le temps de la réflexion, une petite montée au Nord ! On peut quand même pas être arrivé si près et ne pas aller visiter la ville. C’est parti pour le Litchfield National Park, où l’on retrouve Pat qui le connait dans ses moindres recoins ! découverte d’un havre de paix au milieu d’une végétation luxuriante ! De chutes d’eau en rivières, de trous d’eau en torrents, on passe la journée en maillot à se baigner et à plonger des rochers ! certaines piscines naturelles sont fermées à cause de la présence de crocos….dans le parc on croise quelques espèces d’araignée moyennement accueillantes, de petits serpents marrons et de gros lézards ! 3.50 $ pour passer la nuit dans un « campground » au milieu du parc…30minutes de marche avec tentes et glacière pour découvrir un endroit magique, exceptionnel ! un coin de forêt tropicale nous est carrément réservé…avec cascade, trous d’eau et bbq rien que pour nous 3 ! Litchfield park, Walker creek, campground N°3…phénoménal ! Partie de carte pendant que la viande cuit tranquillement sur le barbecue, petite baignade sous la pleine lune...seules quelques écrevisses manifestent leur mécontentement en nous pinçant la peau ! on s’endort rassasié, émerveillé ! Dans la direction de Darwin on croise beaucoup de camions énormes ! (les fameux « road train » qui peuvent atteindre une 50aine de mètres ! La plupart sur cette route acheminent des vaches jusqu’au port et les pauses sont nombreuses pour vérifier une par une si les bêtes sont encore en vie ! En tout cas, chapeau aux mecs qui conduisent ces monstrueux engins, grande part de notre imaginaire lorsqu’on se met à songer à l’Australie !). Darwin est une petite ville sympathique avec ses 3 rues principales, ses palmiers et ses plages…! Après une courte visite et une soirée au camping parmi d’autres voyageurs, on reprend la route. Nous avons décidé de descendre dans le Queensland. Pas question de rester à Darwin, la moitié de l’équipe de la Barossa Valley est montée ici…ils galèrent aussi et rester là, avec tout ce petit monde, ne serait pas bon pour nos finances …Dimanche en redescendant sur Katherine, une bonne rando décrassage s’impose dans le Nitmiluk National Park afin d’atteindre les Edith Falls…A nouveau un panorama fabuleux formé par des chutes en cascades, plongeant dans un tranquille petit bassin aux magnifiques reflets ! La côte Ouest nous à scotché, le Nord nous a stupéfié …tout simplement une invitation à revenir … |